ActuPhoto†e†io

Ma photo
De l'actu à la photo - Des mots aux images - Des balades aux reportages - Et des coups de gueules qui soulagent...
•>••>•••>••••>Pour me contacter<••••<•••<••<•
•>••>•••>••••>Nouveau SitePhoto†e†io<••••<•••<••<•

dimanche 1 mai 2011

Sur les traces de Dian Fossey


Bonjour à tous, 
Une amie, Martine a eu la chance de réaliser un rêve : 
Marcher sur les sentiers où Dian Fossey étudiait "ces primates qui constituent une partie de la quintessence de la poésie écologique des forêts tropicales". Elle partage son périple et nous le raconte. Il y a de l'émerveillement, de l'apaisement et de l'émotion dans son texte.
Un grand merci à toi Martine

 Depuis le temps que je voulais approcher ces créatures avec lesquelles je me sens des liens étroits. Ce rêve va se réaliser : le 18 mars : Daniel m’emmène à l’aéroport Charles de Gaulle-Etoile. C’est l’enregistrement des bagages et ma 1ère rencontre avec les participants du voyage.
Fabrice Martinez, l’accompagnateur et président de l’association Gorilla, a en charge une caméra d’un poids de 10 kilos car, c’est un état de fait, nous allons être filmés.
Nous arrivons à l’aéroport de Kigali le samedi 19 mars à 12H15. C’est Marcel Camilla, notre correspondant local qui donne pour mission à Félix de nous accompagner tout le long de l’expédition en land-cruiser.
Nous devons rejoindre le Parc de l’Akagera. Les routes sont praticables. Beaucoup d’enfants aux pieds nus au bord des routes, nous acclament. La végétation est dense. On constate beaucoup de bananeraies et des cultures même sur les terrains pentus ainsi que des élevages de brebis et de vaches. Notre arrivée est remarquable et dommage qu’il pleuve car le Lac Ihema est splendide.
Nous sommes accueillis par des babouins. Nos bungalows sont superbes. J’en partage un avec Eliane (qui vient de Tokyo).
Signification de IHEMA : c’est l’attente car le 1er blanc à explorer ce site (Sir John Rowland Morton) va affronter l’hostilité des habitants et se replier aussitôt, ce n’est que bien plus tard que cet endroit a été visité.
Nous sommes accompagnés par Cécile. C’est mon 1er safari. Nous entrons par le nord du parc, à la recherche de la 1ère rencontre matinale. C’est la savane africaine, traversée par le fleuve Akagera.
Quelques impalas, très étonnés de notre visite gambadent dans la brousse, tels des chorégraphes. On dirait qu’on leur a tracé deux traits sur le postérieur. Il paraît que c’est élaboré pour les petits, afin qu’ils reconnaissent les leurs. Le bout de leur queue est blanc et noir. L’intérieur de leurs oreilles est orné d’une feuille.
 Nous rencontrons des singes verts ou vervets, des topis, zèbres, girafes. C’est plus difficile pour les éléphants. *On nous parle de Mutware, un éléphant de 37 ans, devenu agressif car il avait été victime de tirs de soldats.
Félix a fait plusieurs détours mais nous n’avons rencontré qu’un solitaire.
Les oiseaux sont à l’honneur ; échassiers grands et petits (hérons, ibis, aigles pêcheurs, jabirus, gonoleks des papyrus, bec en sabot.
Quelquefois, nous ouvrons le toit de la voiture pour mieux scruter l’horizon (attention aux épineux qui longent la piste et aux insectes… en tous genres).
Félix est un adepte du tout-terrain et ne s’enlisera jamais malgré les pistes boueuses empruntées.
Nous voilà dans la plaine herbeuse, parsemée de quelques euphorbes, puis c’est la plage aux hippos.

Un coin de paradis ! Profitons-en pour pique-niquer tout en écoutant le grognement de nos pachydermes.
Puis, c’est le Lac de Kivumba où séjournent les crocodiles. Nous ne les voyons que de loin en train d’encaserner la vitamine D.
Arrêt au village de pêcheurs à IHEMA. Le tilapia est la principale victuaille de cet endroit.
Côté sud, c’est la vallée des buffles.
Suite au génocide, le Parc Akagera dont la superficie est de 900 km², a été amputé d’un tiers de sa superficie. Malgré tout, je suis frappée par le calme de ses habitants. La nature est envoûtante. Nous les blancs, on nous appelle les Bazungu.

 Ruhengeri est la ville située au pied des Virunga.
Dimanche : nuit à l’hôtel Nyagataré situé dans l’extrême nord du parc (réveil à 5H grâce aux prières des rwandais).
Lundi : meilleure nuit passée à l’hôtel La Palisse à Kigali.
Mardi : départ pour le mémorial du génocide. Aucun commentaire. Corinne et Jean-Michel nous filment mais, par pudeur pour les souffrances de ce peuple, je trouve le tournage déplacé. Il faut se souvenir, prendre conscience mais toutes ces horreurs n’ont pas de nom !
Puis, nous prenons la route pour le Parc des Volcans. Nous dormons à Kinigi Guesthouse.
Les reporters m’interviewent. J’ai la sensation d’être déjà venue ici, au pied des volcans, dans une atmosphère sereine…
Mercredi : petit déjeuner puis départ vers le parc des volcans. Le directeur nous accueille dans un contexte magnifique. Les sommets Karisimbi, Bisoka, Sakyniyo, Gahinga et Muhabura surplombent le parc d’une superficie de 125 km².
Patience notre guide, nous relate la vie sociale de nos gorilles, avant de nous les faire connaître de près. Des pisteurs vont nous accompagner. Ils connaissent parfaitement la jungle. Nous allons approcher la famille composée de jumeaux.
Nous passons devant  des champs de pomme de terre, leurs fleurs mauves sont très belles. Il est a noter les champs de pyrèthres. Ces fleurs jaunes sont utilisées comme insecticide naturel. Un mur a été bâti pour délimiter le parc national des volcans de l’espace agricole.
Là, c’est la forêt tropicale luxuriante. A l’extrême-ouest du Rwanda, on trouve des bambous, frangipaniers, euphorbes. Karisimbi est à 4507 m d’altitude. Nous nous déplaçons entre les lianes suspendues, au milieu des hagenias couverts de mousse et entre les lobélies géantes.

Et soudain, Patience nous avertit d’une présence qui n’a de nom que « sérénité, tendresse, bonheur » celle d’une maman en train de serrer son bébé dans ses bras. Je suis très près d’elle, elle est certainement habituée à voir des humains et nous fait confiance… Je vis une apothéose. Puis le « dos argenté » passe, dans toute sa splendeur. Quelques frétillements de bambous, un adolescent se manifeste. Quand je pense aux horreurs commises sur ces créatures si douces ! On a envie de toucher leur long pelage, résultat d’une adaptation aux basses températures des hautes altitudes, mais qui les protège des piqûres d’orties.
Un instant très marquant : le dos argenté déguste son repas de feuilles de bambous, j’ai la sensation qu’il me regarde et il continue comme si de rien n’était. J’en profite pour le photographier. Je l’observe et je sais qu’il est bien puisque Patience nous a donné le feu vert, les raclements de gorge du gorille étaient porteurs d’un message : vous ne me dérangez pas…
Encore un instant de grâce, une maman en train d’allaiter son petit. J’observe la position des pieds, les pouces opposés. La maman caresse la tête de sa progéniture. Je suis dans un paradis. Pas un instant, je n’ai eu peur ! Patience sait très bien manœuvrer l’excursion.

Après avoir fait son remue-ménage (bruits sourds, craquements de branches), un adolescent s’installe et prend une position de penseur. La visite arrive à son terme et je me console en me disant que je reviendrai dans deux jours.

Ce ne sera pas la même famille et les conditions seront différentes. Le dos argenté est moins disposé que le premier, il faut faire du hors piste et y aller à coups de machette dans la végétation. Je trouve ça sensationnel, je me crois vraiment dans le film « gorilles dans la brume ». Nous découvrons une famille composée d’un dos argenté de 220 kilos qui, par la suite ne va pas hésiter à s’installer tel le roi de la forêt, après avoir fait craquer plusieurs bambous, en haut de l’arbre. Et il va tenir !!! Je pense garder cette image longtemps en moi.

3 commentaires:

  1. Quel magnifique "voyage". J'imagine l'émotion à voir ces splendides animaux. Merci à Martine de nous les faire partager et à toi aussi Thierry.

    RépondreSupprimer
  2. Oh mais le film est en train de passer sur la 5 juste en ce moment !

    RépondreSupprimer
  3. Oui !! quel oubli impardonnable !
    Toutes mes excuses de ne pas vous avoir informé que l'intégralité de l'aventure à été programmé sur France 5.

    RépondreSupprimer